« Peut-on dépasser l’alternative entre animaux réels et animaux imaginaires? »

Article paru dans le n° 31/32 (décembre 2015) de la revue Prétentaine consacré à « L’univers de la croyance ».

Dans ce texte, je propose d’examiner la prétendue différence entre animaux réels et animaux imaginaires mise en place par les anthropologues et les historiens pour distinguer zoologie et ethno-zoologie. Cette distinction est-elle pertinente pour l’historien et l’anthropologue des savoirs? Ne faudrait-il pas envisager de la dépasser pour se pencher sur la description des façons dont elle a été construite au cours des siècles?

Après avoir rapidement décrit l’usage que les historiens de l’imaginaire font de ces catégories, je décris certains travaux qui se sont penchés sur l’histoire des classifications et des méthodes classificatoires (notamment ceux de Keith Thomas) et, en les comparant à d’autres travaux (comme ceux de Jack Goody, d’Elisabeth Eisenstein ou de Natalie Zemon Davis) qui ont porté aussi sur les conséquences des opérations matérielles de classification et de répartition, je propose de m’interroger sur la façon dont il convient sans doute de repenser la portée de ces travaux sur l’histoire des classifications en les rapprochant des résultats produits par les science studies. Je propose enfin de tester de manière assez radicale cette façon de reconsidérer le partage entre animaux réels et animaux imaginaires en prenant l’exemple des « cryptides », ces créatures classées comme imaginaires pour beaucoup de chercheurs en sciences sociales, mais étudiées par la cryptozoologie. Je prends plus particulièrement le cas du fameux yéti et de ses cousins.

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Pour citer l’article: Pierre Lagrange, « Peut-on dépasser l’alternative entre animaux réels et animaux imaginaires? », Prétentaine n° 31/32 (L’univers de la croyance), décembre 2015, p. 269-295.

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